"L’Année de la foi est une invitation à une conversion authentique et renouvelée au Seigneur, unique Sauveur du monde". BENOIT XVI "« Dieu me demande de continuer à la servir avec le même dévouement et amour qu’avant mais de manière plus adaptée à mon âge et à mes forces ». BENOIT XVI
" POUR MOI, VIVRE, C'EST LE CHRIST (PH 1,21) " "Regarde l'Etoile, invoque Marie" (St Bernard) "Seigneur, avec toi nous irons au désert, poussés comme toi par l'Esprit!..."

mardi 18 décembre 2012

REFLEXIONS


LE  PERE FLORENT NASCIMENTO
A QUELQUE CHOSE A DIRE AUX PRETRES…

C’est l’année sacerdotale[1]. Une année voulue par le Successeur de Pierre, qui, prophétiquement inspiré, engage ainsi l’Eglise universelle sur la voie de la re-découverte de la grandeur et de la beauté du Sacerdoce (ministériel), offrant en modèle l’inoubliable figure sacerdotale du saint curé d’Ars, Saint Jean-Marie Vianney. Une année sacerdotale au cours de laquelle, tout en  contemplant la merveilleuse figure du saint curé d’Ars, chaque Eglise locale est appelée aussi à repérer et  à redécouvrir sur les sillons de sa propre Histoire, les traces de pas de ses fils prêtres dont le Zèle apostolique et sacerdotal, en son temps, a édifié bien des âmes. Et l’Eglise au Bénin, résolument tendue vers la célébration du 150ème anniversaire de son Evangélisation, a bien des raisons de se lancer dans cette entreprise exigeante, certes, mais jamais ingrate…Dans cette logique, il me semble que soit venu le moment de découvrir un peu plus, à la lumière de cette année sacerdotale, le vrai visage de celui qu’on a appelé en son temps, « Zogan » (chef de feu) : le Père Florent Koladé NASCIMENTO, dont la vie a été et est réellement une parole adressée au peuple de Dieu, et surtout aux prêtres…

LE VRAI VISAGE DU PERE FLORENT
Je parle de « vrai visage ». Parce qu’il y a une image qu’on a donnée du Père Florent, qui, sans être nécessairement fausse, ne traduit qu’imparfaitement ce que j’ose appeler « le Mystère-Florent ». De fait, pour beaucoup, la relative ‘célébrité’ du père Florent tenait aux prières de délivrance qu’il dirigeait. Pour d’autres, c’est l’image d’un Père Florent ‘pop star’, ‘animateur de messes’, toujours prêt à chanter et à danser, qui est restée. D’autres encore n’auront retenu que le côté improvisateur ou surérogatoire  de l’homme qui « en faisait plus qu’il n’en fallait »…L’ayant côtoyé de près, et faisant partie alors de ses proches collaborateurs, je trouve et soutiens que tout cela est réducteur de l’impressionnante personnalité de celui-là dont le vide reste béant dans le clergé béninois.
En réalité, ce qui donne sens et consistance à la vie sacerdotale du Père Florent NASCIMENTO est la profondeur de sa foi. Quelle est grande, la foi du Père Florent ! Il avait la conviction qu’avec la foi, la foi en Jésus-Christ, le chrétien obtient tout. Et c’est dans cette logique de foi qu’il vivait son sacerdoce, convaincu que le Christ des Ecritures continue d’exercer son action salvifique dans le monde et l’Eglise d’aujourd’hui. Aussi s’évertuait-il à méditer les Saintes Ecritures, avec la conscience que celui qui ignore les Ecritures, ignore aussi le Christ (Cf. St Jérôme). Il aimait citer les Ecritures, et il aimait qu’on cite les Ecritures. Et même en célébrant les Sacrements, surtout l’Eucharistie, il avait toujours en idée l’action du Christ dans les Ecritures. Les fidèles l’avaient entendu dire : 

« Qui regarde le Pain eucharistique, regarde Jésus ; qui touche le Pain Eucharistique, touche Jésus ; Qui rejette l’Eucharistie, rejette Jésus ; Qui reçoit l’Eucharistie, reçoit Jésus ; Qui adore l’Eucharistie, adore Jésus ; Et qui regarde, touche, reçoit, rencontre, adore l’Eucharistie, bénéficie des mêmes grâces que ceux qui, dans l’Ecriture, ont regardé, touché, rencontré, reçu et adoré Jésus : Guérison, délivrance, pardon des péchés, résurrection… »

En clair, la spiritualité du Père Florent est fortement christocentrique. Et cette spiritualité, expression d’une foi vive en Jésus-Christ, a produit, en son temps, des effets retentissants. Les souvenirs sont nombreux de cette foi agissante qui, sans rien exagérer, le rendait victorieux des attaques et des pièges de l’Ennemi. Rien ne retenait le Père Florent quand il s’agissait de communiquer ou de défendre sa foi. Intrépide messager de la bonne Nouvelle, il allait par villes et villages (à l’occasion des sessions et des camps), annonçant la foi en Jésus-Christ qui sauve.

Cette foi en Jésus-Christ l’emportait parfois dans un élan extatique (le mot n’est pas trop fort !) où l’homme perd le goût des choses de la terre, et reste tendu vers les suaves réalités célestes. Cet élan extatique se traduisait, bien des fois, par des chants dont  il avait l’inspiration spontanée. On se souvient du fameux « Qui est le premier ? Jésus est le premier ! » qui électrisait les cœurs et embrasait les âmes dans un mouvement merveilleusement rythmé de pas de danses…Oui, vraiment, il faut le dire, la foi du Père Florent était grande. L’illustre évêque d’Hippone, Saint Augustin, a eu ce mot juste, à savoir que la foi est amour de Dieu et des hommes. Les deux pôles de cette foi-amour sont aussi visibles dans la vie du Prêtre Florent. Sa devise n’était-elle pas : « J’ai choisi Jésus…et toi ! »

Choisissant le prochain à qui il cherchait toujours à communiquer le feu de la foi en Jésus-Christ, il développait deux atouts pastoraux précieux : La proximité et l’accueil. Pour le père Florent, on ne peut sauver l’autre qu’en se faisant proche de lui. A cet effet, il aimait aller vers l’autre dans une admirable disponibilité de cœur, parfois au détriment de sa mauvaise santé. Ici, je me souviens de cette expérience marquante pour le futur prêtre que j’étais alors. Durant les vacances 1994, ensemble avec le Père Florent, nous revenions  d’une journée  de formation des « Samuel » (servants de messe) tenue à Ouègbo. Alors que, déjà fatigués par cette épuisante journée, nous désirions rentrer à Cotonou pour y passer une reposante nuit, le père (lui-même fatigué) décida, à notre surprise, d’aller à Dédomè où d’autres « Samuel » étaient en session. Nous y allâmes avec lui. Au moment de se retirer pour le repos de la nuit, le Père Florent, plutôt que d’aller dormir dans un confortable lit de presbytère, préféra passer la nuit au camp, comme les « Samuel », dans une ‘vieille’ chapelle ‘ouverte’, où des  ‘moustiques-soldats’ étaient plus agressifs qu’accueillants ! Leçon de proximité pastorale que nous qui étions avec lui, en ce moment, n’oublierons jamais. Puis, le lendemain matin, voilà le chantre du Seigneur qui communiquait aux participants à ce camp, sa joie d’appartenir au Christ, à travers un chant dont il venait d’avoir l’inspiration subite. Seize ans après, je l’entends encore chanter, de sa douce voix :

« c’est la vie si tu vas à Jésus. C’est la joie si tu vis avec lui. C’est la vie, c’est la joie. C’est la vie si tu es avec Jésus-Christ. Venez mes frères, allons à Jésus, marchons ensemble sur la route de l’amour ! Sautons de joie, dansons sur la route de la paix à la suite de Jésus-Christ ! »

« Marchons ensemble sur la route de l’Amour ! », chantait-il, ce jour-là ! Et toute sa vie de prêtre, il a marché effectivement sur la route de l’amour, ne se contentant pas seulement d’aller vers les autres, mais aussi de les accueillir avec la simplicité d’un cœur enflammé d’amour pour le prochain ! Et il avait ce don de la parole qui attirait, fascinait et même désarmait. Et on était heureux, simplement heureux d’être avec lui…

On comprend alors la vive douleur qui a saisi les cœurs, ce dimanche 18 Février 2001, à l’annonce de son entrée dans l’Eternité. Et neuf ans après son départ de ce monde, la vie et l’histoire de l’ancien curé de GBEDEGBE, l’illustre Père Florent, continuent d’interpeller par- delà le silence de la tombe

LE SIGNE DE LA TOMBE VENEREE
Après le dur combat de cette vie terrestre, le Père Florent s’en est allé pour les Noces Eternelles. Sa dépouille mortelle se trouve au cimetière du Grand Séminaire Saint Gall de Ouidah. C’est là, désormais, qu’il accomplit, d’une certaine manière, son ministère sacerdotal d’accueil des foules en quête de Dieu. Ils sont, en effet, nombreux à aller se recueillir sur la tombe de l’homme de Dieu, nombreux à braver la route poussiéreuse de Kpassè-Savi pour aller auprès de l’ami de Dieu et des hommes. La vénération portée à son endroit est si manifeste qu’il est très facile de repérer sa tombe ornée de fleurs, signe de l’amour que lui portent les fidèles.

Personnellement, je trouve qu’il faille prendre au sérieux cette démarche qui conduit beaucoup auprès du Père Florent à Saint Gall. Le phénomène n’est sûrement pas anodin, quand, chaque année, à la date anniversaire de son départ de ce monde, le 18 Février, un flot d’hommes et de femmes inonde le cimetière de Saint Gall. Il s’agit d’un véritable pèlerinage qui s’organise chaque année sur sa tombe. Les théologiens, en d’autres circonstances et dans d’autres cadres, parleraient du «Sensus fidei », de ce sens de la foi en vertu duquel le peuple de Dieu, conduit par l’Esprit de prophétie, saisit des vérités de foi. Il est vrai qu’il ne s’agit pas ici d’une vérité de foi, mais plutôt d’une vérité d’espérance qui se traduit par cet élan révélateur, lequel indique clairement que quelque chose de beau et de merveilleux est en train de se produire dans notre Eglise locale du Bénin. Oui, il faut le dire : les saints ne se proclament jamais saints. C’est le peuple de Dieu, uni à ses pasteurs, qui proclame les saints. Tout part toujours du peuple et revient toujours au peuple. Et le devoir des pasteurs est de se faire auditeurs et interprètes fidèles de la voix de l’Esprit Saint qui s’élève par le mouvement du peuple.

A défaut de crier « santo subito » (saint tout de suite !) -comme ce fut le cas pour le grand Pape Jean-Paul II, à Rome, cinq ans plus tôt-, le peuple ici, par cet élan constant, semble crier « Già santo !» (Déjà saint). ‘Già santo’ ! Reconnaissance de sainteté par un peuple qui a trouvé un modèle dans le Père Florent. ‘Già santo’ ! Expression tacite de l’attachement des cœurs à l’inoubliable figure de celui qui a été une fleur (son nom n’était-il pas Florent ?) dans leur vie ! ‘Già santo’ ! Intelligence spirituelle d’un peuple de prophètes qui n’attend pas nécessairement la reconnaissance officielle ecclésiale pour authentifier la qualité de vie du serviteur de Dieu, le père Florent. ‘Già santo’ ! Inspiration d’un peuple qui saisit que le Père Florent jubile dans la communion des saints…

Ces hommes, ces femmes et ces enfants, qui viennent auprès de leur pasteur disparu, traduisent dans le concret, ce qu’ils ont retenu de lui, à savoir qu’il est simplement « un pasteur selon le cœur de Dieu ». Chacun d’eux, se tenant près de cette tombe muette, entendait (et entend encore !) résonner dans son cœur la voix silencieuse de l’ami du Christ qui invite toujours à « repartir du Christ ». Ils repartaient alors, le cœur lourd, certes, mais heureux de pouvoir aller à lui. Ils repartaient alors, souhaitant de tous leurs vœux, que les prêtres soient un peu comme…le Père Florent. Et il faut le reconnaître, les prêtres ont à recueillir et à faire fructifier l’héritage que nous laisse le Père Florent. Surtout à partir de cette année sacerdotale.

LA VIE DU PERE FLORENT : UNE PAROLE ADRESSEE AUX PRETRES
Il est question, non d’imiter le Père Florent, mais de se laisser interpeller par la qualité de sa vie sacerdotale. A cet effet, il importe grandement d’éviter ce qu’on pourrait appeler –par néologisme- ‘le florentisme’. Le ‘florentisme’ consisterait à transformer les célébrations eucharistiques en un moment vulgaire où l’espace de silence liturgique requis est profané au profit d’une animation tapageuse et ravageuse où tous les rythmes et tous les chants sont accueillis sans discernement. Le ‘florentisme’ consisterait aussi à exercer le ministère de délivrance sans précaution et sans respect des normes liturgiques, avec, parfois, un oubli des directives de l’Autorité, en la matière. Une chose est sûre : le Père Florent, aux jours de sa vie terrestre, évitait au maximum de tomber dans ces excès.

Deux choses capitales sont à retenir de sa brillante vie sacerdotale : sa foi et son humanité. Ce que le prêtre a à offrir au monde, c’est sa foi, son amour et son humanité. Et à l’instar du père Florent qui avait foi en Jésus-Christ et en son Sacerdoce, les prêtres doivent sans cesse revenir à ce qui constitue la substance de leur être sacerdotal : la conscience d’être prêtre ! Sans cette conscience d’être prêtre, l’agir sacerdotal est vidé de son sens et vire automatiquement au fonctionnariat. Les fidèles VEULENT voir des prêtres qui croient en Jésus-Christ, des prêtres qui croient en leur sacerdoce. Cela suppose une spiritualité de la relativisation du temps et de ses chimères peccamineuses ; relativisation de ces chimères qui, malheureusement, conduisent, bien souvent, à une négation de l’être sacerdotal…Relativisation (des chimères temporelles) qui fait revenir à l’essentiel de l’être sacerdotal.

L’être sacerdotal se construit dans la foi et l’amour. Il faut le redire encore : le Père Florent a cru et il a aimé (dans la stricte vérité du mot), dans la bipolarité théocentrique et allocentrique de l’amour. Dans cette logique, il priorisait surtout sa relation avec les prêtres, dans un véritable souci fraternel. Pour lui, la fraternité sacerdotale doit cesser d’être une illusion, un rêve, pour devenir une réalité. Se refusant systématiquement de critiquer les confrères, il nourrissait et entretenait de grandes relations avec eux, dans un grand respect pour chacun. Aussi ne supportait-il pas qu’on critiquât les prêtres. 

On se souvient ici des mots de feu de l’inoubliable saint Jean-Marie VIANNEY qui affirmait qu’ « un bon pasteur, un pasteur selon le cœur de Dieu, est le plus grand trésor que le bon Dieu puisse accorder à une paroisse, et un des dons plus précieux de la miséricorde divine » ! Le Père Florent NASCIMENTO a été un bon pasteur pour le peuple de Dieu. Et qu’est-ce qu’un bon pasteur, sinon celui qui, dans la vérité de sa charge ministérielle, conduit au Christ, l’Unique Bon Pasteur de son Troupeau ? Car, c’est Lui qui conduit son Peuple. C’est lui qui donne à son Peuple des prêtres pour le sanctifier. C’est Lui qui nous a donné le Père Florent. Et c’est encore Lui qui, au jour fixé par lui, de toute éternité, le dimanche 18 Février 2001, l’a rappelé à lui pour les Noces Eternelles. Et si encore, nos  yeux, embués de larmes, cherchent toujours ses traces sur les sillons de l’histoire humaine, nous savons qu’une autre page, plus belle, par lui s’écrit de ce lieu d’Eternité où  tout est joie et paix. A nous aussi, qui l’avons connu, approché et aimé sur cette terre, d’écrire les merveilles de Dieu dans sa vie. Ces merveilles de Dieu dans sa vie sont, en toute évidence : FOI- AMOUR-JOIE. Tel est, en définitive, ce que le Père Florent a à dire aux prêtres, en cette année de grâce, l’année sacerdotale…

Père Mathieu C. AÏFAN
Diocèse de Cotonou
BENIN


[1]Cet article a été publié dans le Journal « La Croix du Bénin » à la faveur de l’année sacerdotale en Février 2010.

dimanche 2 décembre 2012

Année de la foi: Programme


Année de la Foi 2012-2013 :
le programme dévoilé
Le logo...
Une barque sur les flots, dont le mat est une croix. Image de l’Eglise, elle hisse la voile sur laquelle figure le trigramme IHS. Sur le fond, un soleil eucharistique. C'est le sens à donner au logo de l'Année 2012-2013 proclamé "Année de la Foi" (11 oct. 2012-24 nov. 2013).
...Et les grands rendez-vous
L’Année de la foi entend célébrer les 50 ans de l’ouverture du Concile Vatican II et les 20 ans de la publication du Catéchisme de l’Eglise catholique (CEC). Une heureuse coïncidence. Lors de la présentation du calendrier en présence de Benoît XVI, le 21 juin, Mgr Rino Fisichella, Président du Conseil pontifical pour la Nouvelle Evangélisation, s’est concentré sur la partie romaine de cet événement mondial. 
A retenir comme principales dates des célébrations prévues à Rome, en présence du Pape Benoît XVI :

2012
19 juin: La Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements approuve officiellement le formulaire pour une messe spéciale « Pour la nouvelle évangélisation ».
21 juin: Lancement officiel du site internet de l’Année de la foi par le Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation (www.annusfidei.va), disponible pour l’heure en italien et en anglais, bientôt en espagnol, français, allemand et polonais.
Septembre: Publication en plusieurs langues d’un ’Guide pastoral’ intitulé "Vivre l’Année de la foi", élaboré par le CPNE et destiné avant tout aux communautés paroissiales.
11 octobre: A l’ occasion du 50e anniversaire de l’Ouverture du Concile Vatican II (1962-1965), Benoît XVI inaugurera solennellement l’Année de la foi par une messe célébrée place Saint-Pierre. Les participants au Synode pour la Nouvelle évangélisation, les présidents des Conférences épiscopales du monde entier, et les 35 Pères conciliaires et conseillers encore vivants en mesure de se rendre à Rome seront présents. Parmi eux, on compte notamment les cardinaux Cottier, Etchegaray, Meija, Tucci, Canestri.
21 octobre: Journée missionnaire mondiale. Le pape canonisera sept martyrs et confesseurs de la foi, parmi lesquels le Français Jacques Berthieu, missionnaire mort à Madagascar, et Kateri Tekakwitha, première sainte indienne du continent nord-américain. Les autres nouveaux bienheureux seront Giovanni Battista Piamarta, Marie du Mont Carmel, Marianne Cope, Pedro Calungsod et Anna Schäffer.

2013
7 février-1er mai: Exposition sur l’apôtre Pierre au Château Saint-Ange, à Rome, non loin du Vatican.
28 avril: Benoît XVI conférera le sacrement de la confirmation à un petit groupe de jeunes.
18 mai: La veille de la Pentecôte, journée consacrée à tous les mouvements anciens et nouveaux, les membres seront invités à se recueillir devant la tombe de saint Pierre. Une très forte affluence est attendue.
2 juin: Pour la célébration de la Fête-Dieu, une adoration eucharistique d’envergure mondiale est prévue. Dans les cathédrales de chaque diocèse et si possible dans chaque église, les fidèles seront invités à se recueillir au même moment, en prenant l’heure de Rome comme référence.
22 juin: Concert géant sur la place Saint-Pierre, en présence de 500 musiciens et choristes.
24 novembre: Messe de clôture de l’Année de la foi présidée par Benoît XVI. 

Père Mathieu AIFAN


Père Mathieu AIFAN

Ta parole Seigneur est une lampe qui éclaire ma route!

mercredi 28 novembre 2012

EVANGELISATION



DU BENIN CHRISTIANISE AU BENIN EVANGELISE :
L’URGENCE D’UN PROPHETISME ECLAIRE

Héritiers d’une histoire dont ils deviennent les acteurs dans l’aujourd’hui du temps, les chrétiens du Bénin, catholiques en l’occurrence, se souviennent, en cette année jubilaire, avec émerveillement et action de grâce, de l’infinie bonté de Dieu qui, depuis 150 ans, continue de faire briller sur eux la radieuse lumière de l’Evangile qui sauve. 150 ans d’Evangélisation ! L’importance de l’événement oblige l’Eglise à osciller entre les pôles de la Mémoire et de l’Engagement. Mémoire reconnaissante d’une Eglise qui rend hommage aux acteurs de son Evangélisation-christianisation! Engagement résolu d’une Eglise consciente des défis présents et futurs ! Deux figures marquent ces deux pôles : celle de ‘l’Apôtre’, et celle du ‘Prophète’.

DE L’ACTION DU PROPHETE ET DE L’APÔTRE
DANS LA REVELATION DU VISAGE DE DIEU…
Une comparaison de l’histoire de la révélation du Dieu de Jésus-Christ au Bénin (comme d’ailleurs dans toute l’Afrique et ailleurs) avec l’histoire biblique de la Révélation de Dieu au peuple élu, présente nettement une différence non négligeable. Pour le peuple élu, trois périodes rendent compte de l’évolution du processus de la révélation divine : des Patriarches à Moïse, de Moïse à Jésus-Christ, de Jésus-Christ à l’évangélisation apostolique. Un indice remarquable de cette évolution (durant ces trois périodes) a été l’approche du concept Dieu. Ainsi, si les patriarches appelaient Dieu « El », à partir de Moïse (Ex 3,14-15), Dieu sera Yahvé. A ce propos, le bibliste André-Marie GERARD écrit : «  Il ne fait guère de doute que les patriarches aient d’abord désigné le vrai Dieu en usant du terme le plus ancien employé par l’ensemble des Sémites pour nommer la divinité : Il ou El (…) Mais dès lors qu’est affirmée la révélation faite à Moïse, Yahvé restera le seul véritable NOM du Dieu de la Bible… » (André-Marie GERARD, Dictionnaire de la Bible, P. 272). A partir de Moïse donc, le premier et le plus prestigieux des prophètes de l’Ancien Testament, la révélation divine connut une phase de lumière sans précédent. Et tous les prophètes, sans exception, ont joué un rôle capital dans cette histoire de la révélation du visage de Dieu : celui de préparer les cœurs et les âmes à contempler le visage de Dieu qui, « à la plénitude des temps », s’est incarné en Jésus-Christ : « après avoir, à maintes reprises et sous maintes formes, parlé jadis aux Pères par les prophètes, Dieu, en ces jours qui sont les derniers, nous a parlé par le Fils… » (He 1,1) Le Christ, pour sa part, au terme de sa mission terrestre, a pris soin de confier la charge d’évangélisation à ses apôtres.
C’est ici alors que le schéma diffère : pour les peuples christianisés (en Orient, en Occident, et en Afrique), la découverte du Dieu de Moïse incarné en Jésus-Christ, s’est faite, non d’abord par l’entremise des prophètes, mais directement par des ‘apôtres’, ces ‘envoyés’ (missionnaires ) qui, habités de l’amour de Dieu, parcourent monts et collines, vallées et vaux, annonçant, jusqu’au sacrifice de leur vie, l’unique message qui sauve : le message de l’Evangile. Sans risque d’anachronisme, vu le rôle décisif des prophètes dans ce  processus de la révélation divine, il s’avère désormais impérieux pour les peuples christianisés de faire un parcours en sens inverse : des ‘apôtres’ aux ‘prophètes’, du christianisme à la culture. Le but étant, non de retourner au paganisme (au sens paulinien du terme), mais de mieux découvrir le visage du Dieu qui s’est incarné en Jésus-Christ.

… A L’URGENCE DE PROPHETES AU BENIN
La différence entre le ‘prophète’ et ‘l’apôtre’ est essentielle, et non fonctionnelle, car tous deux sont au service de la Parole transcendante. Le prophète naît dans une culture, vit dans cette culture, porte et interprète la Parole divine au sein de cette même culture. L’apôtre, au contraire, naît dans une culture, certes, mais, de par sa mission, va au loin (s’éloigne pour ainsi dire de sa culture), annonçant la Parole dans des cultures nouvelles. Si la mission du prophète est de rendre accessible la Parole annoncée à la culture dans laquelle il (le prophète) est immergé, le risque ou la tentation pour l’apôtre est d’annoncer l’Evangile avec le vernis culturel qui est le sien. Ce qui, bien souvent, génère des conflits culturels au détriment de la Vérité évangélique proclamée.
Du coup, le christianisme est perçu, à tort, comme « une religion importée », la religion imposée de l’homme blanc ; une religion imposée au prix d’une douloureuse et méprisante stratégie de la « tabula rasa », qui diabolise la culture de l’autre au profit de la culture d’origine de ‘l’apôtre’. En conséquence, l’Evangile annoncé n’est pas reçu comme « Bonne Nouvelle », du moment où il est considéré comme facteur de désagrégation, de déstructuration, et de destruction de la « tradition des ancêtres » ! Le Bénin, à l’instar de tous les peuples christianisés, n’a pas échappé à cet état de choses. Résultat : après 150 ans d’évangélisation – sans être pessimiste et sans nier le mérite évident des missionnaires, ces apôtres au cœur d’or-, il faut bien reconnaître que le terrain culturel béninois (et en général africain) n’a pas été entièrement fertile pour le précieux grain de la Parole évangélique !  
Cette situation rend plus qu’urgente la nécessité de ‘prophètes’ dont la mission, après celle des ‘apôtres’, est d’interpréter la Parole, en se tenant au cœur de la culture, non à la périphérie. De cela, l’histoire de l’Eglise, nous offre de célèbres exemples, dans les figures combien marquantes des Pères de l’Eglise. Témoins, en leur temps, du choc entre culture et Evangile, ils ont su opérer la synthèse harmonieuse entre culture et Evangile. Et par voie de conséquence, montraient ainsi que la culture a besoin de l’Evangile pour se réaliser. C’est cela le ministère prophétique dont a besoin le Bénin. Il ne s’agit pas, évidemment, d’élaborer des discours théoriques à visée apologétique, mais plutôt de sauver la culture en l’ouvrant à la grâce de l’Evangile qui sauve !
Ici aussi, l’action du ‘prophète’, sans être en discontinuité avec celle de ‘l’apôtre’, en est plutôt le prolongement nécessaire. Ainsi, si le mérite de ‘l’apôtre’ a été de porter le christianisme aux cultures, celui du ‘prophète’ sera désormais d’ouvrir davantage les cultures à l’Evangile du Christ. La religieuse nigériane, sœur Teresa OKURE en percevait l’enjeu lorsqu’elle proposait d’entrer dans l’existence et dans les expériences culturelles des personnes et, après, lentement, d’effectuer leur rencontre avec l’Evangile. La rencontre –précise -t-elle- doit se faire avec l’Evangile, et non le christianisme qui est perçu comme un modèle culturel chargé de superstructures européennes (cité dans : Per un’Africa riconciliata, Memoria del secondo sinodo, P. 103-104). En un mot, après 150 ans d’évangélisation, il importe de s’engager résolument dans ce que le Pape Jean-Paul II appelait justement « la Nouvelle Evangélisation ». La nouvelle Evangélisation ne devrait plus être l’œuvre ‘d’apôtres’, mais de ‘prophètes’ éclairés. Et elle est nouvelle, non par son contenu, mais dans sa forme et dans sa méthode.
La croix du jubilé des 150 au Bénin
Que conclure ? Après 150 ans d’Evangélisation, l’Eglise au Bénin se situe à un tournant décisif avec des défis cruciaux. Nul ne peut relever ces défis si ce n’est une génération de prophètes éclairés. De fait, si ‘l’apôtre’, hier, christianisait les cultures, il revient au ‘prophète’, aujourd’hui, de culturaliser le christianisme ! Là où, hier, ‘l’apôtre’ plantait le crucifix sur les rives, il appartient, aujourd’hui, au ‘prophète’ de planter le Livre (de l’Evangile) au cœur des cultures ! Dans une culture déjà ‘théophore’, le défi majeur du ‘prophète’ est d’aider chacun à accueillir le Christ comme Celui qui sauve les ancêtres, Celui qui sauve l’humanité, Celui au nom de qui « tout genou doit fléchir au ciel, sur terre et aux enfers » (Phil 1,10). Du cœur s’élève alors une prière, celle de Moïse : « Ah ! Puisse tout le peuple de Yahvé être prophète, Yahvé leur donnant son Esprit ! » (Nb 11,29)
                                                                    Père Mathieu C. AÏFAN
                                                                          Diocèse de Cotonou – BENIN